Schiaparelli, robe du Soir, 1938

Avant-dernier article avant de conclure l’étude des pièces vues pendant mon stage de trois semaines au Art Décoratifs de Paris. Avec aujourd’hui la non moins emblématique : Elsa Schiaparelli

Elsa Schiaparelli, extravagante de la mode

Elsa Schiaparelli en 1935 Crédit photographique : Peter North
Elsa Schiaparelli en 1935
Crédit photographique : Peter North

Elsa Schiapparelli fait partie de ces grands créateurs des années 30 qui ont marqué leurs temps, à l’instar de Madeleine Vionnet. Principalement connu par les néophytes pour ces chapeaux Chaussures, on lui doit également nombre de créations toutes plus originales que les une que les autres. Bien qu’elle ouvre sa maison en 1927, pour du vêtement principalement sportif, le succès arrive vraiment quelque temps plus tard en 1929 avec des créations aux motifs géométriques et aux matériaux innovants. Mais c’est surtout avec les surréalistes et les artisans d’art qu’Elsa Schiaparelli aura ses lettres de noblesse. On y voit des colliers en porcelaines créés par Elsa Triolet, ou encore un plissé peint en trompe l’œil sur une robe du soir peint par Jean Dunand. Elle s’entoure alors des meilleurs artistes de son temps, comme Pérugia ou Roger Vivier pour les chaussures, Lina Baretti pour les bijoux.

Son travail devient alors tant apprécié, qu’Elsa Schiaparelli habille les plus grand(e)s de son époque. Wallis Simpson, Dietrich, Lauren Bacall, pour ne citer qu’elles. Les années trente deviennent alors les années Schiaparelli où les modèles et les collaborations les plus célèbres de la créatrice naissent. On retrouve la robe imprimée Homard, les chapeaux chaussures, les gants à ongles rouges, ou encore des bottines frangées de longs poils. En 1937, le lancement de son parfum « Shoking » amène la création d’une nouvelle couleur le Rose Shoking

L’arrivé de la Seconde Guerre Mondiale bouscule la maison Schiaparelli, et de par ses origines italienne, Elsa Schiaparelli quitte l’Europe pour New York. Elle confit la direction de la maison de son bras droit de 1941 à 1945. A son retour à la fin de la guerre, Elsa continue la création pendant une dizaine d’années, mais perçoit très vite le changement de la Haute-Couture. Elle ferme sa maison en 1954 et meurt en 1973.

Robe du Soir, 1938

Fiche technique

Robe du soir en crêpe de soie, broderie et décoration florale en plastique

Griffé dans le bas de la couture côté « Schiaparelli – Paris »

Origine : France

Date : 1938

Analyse

Créée en 1938 par la maison Schiaparelli, elle remplie tous les critères d’une robe année 30. La ligne près du corps et les légers godets formés par une coupe en biais marquent principalement la décennie. Cependant, on peut déjà noter les premières notes d’une forme années 40 par des épaules plutôt épaulé à l’aide de plis et surement de renfort d’épaule (bien que je n’aie pas eu le loisir d’étudier particulièrement cette robe) mais aussi d’une découpe poitrine soulignant une poitrine ronde et petite. On peut également noter le moyen de fermeture présent sur cette robe, qui est une fermeture à glissière plastique de la même couleur que la robe. Cependant, celle-ci n’est pas invisible et est montée comme une classique. Il ne faut pas oublier que les fermetures invisibles ne sont pas encore très présentes à cette époque.

Le décolleté, très haut, est ornementé d’une guirlande de fleurs en plastiques, qui donne à la robe un poids assez conséquent. Original, mais plutôt classique, quand on connaît le style plutôt extravagant de la créatrice. Elle est également agrémentée de petites broderies dites « peinture à l’aiguille » sur l’ensemble de la robe.

Détail encolure et broderie
Détail encolure et broderie

La robe ne possède pas de doublure et est monté principalement en couture rabattue à la main. Toutes les finitions sont des petits ourlets de 5mn fixé à la main par un point glissé, même l’ourlet final du bas de la robe (pour une longueur totale de 147,3cm). La griffe « Schiaparelli » est cousue dans une couture côté, aux niveaux des jambes. On remarque le soin et la délicatesse apportés au montage de la robe. Petite originalité de la robe, et peut être également des robes des années 30, elle possède un petit passant sur les emmanchures. Ce petit passant de la même couleur et matière que la robe, est fixée à la main et permet le passage de la bretelle de soutien-gorge. Ainsi bloquée, la bretelle ne peut plus tomber de l’épaule et reste invisible.

Conclusion

Elsa Schiaparelli aura réussi en peu de temps à laisser une marque indélébile sur la mode. Cette femme aura « désacralisé » la mode en la rendant plus extravagante avec un grain de folie unique.

La maison a aujourd’hui ré-ouvert en 2012, et offre désormais deux collections par an avec toujours ce grain de folie cher à Elsa Schiaparelli.

Photo taille réelle

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Robe du soir, Schiaparelli, 1938 Conservé au Arts Décoratifs – Paris Conservé au MET – New York

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Crédit photographique : Musée du Metropolitan Museum of Art

Pour découvrir Elsa Schiaparelli

La Maison

Shocking Life: Die Autobiografie der Elsa Schiaparelli (ici en Allemand)

Interview  » Elsa Schiaparelli, on – What’s My Line »

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