Jacques Doucet, robe vers 1900

Durant mon stage de fin d’année, j’ai eu le plaisir et surtout la chance de pouvoir étudier de très près plusieurs costumes allant du XVIIIe jusqu’aux années 30. Je profite de cette chance aujourd’hui pour pouvoir vous en parler plus en détail, et comprendre un peu plus ces robes si particulières.

Par respect pour le travail des restaurateurs et conservateurs du musée, je ne posterai pas les photos réalisées durant l’étude de ces costumes. Seules les photos mannequins présentes sur leur site seront montrées.

On commence aujourd’hui avec une robe de Jacques Doucet, daté 1900. Doucet, fait partie de mes créateurs préférés (avec Worth, Callot Sœur sur la Belle Epoque). J’aime particulièrement le raffinement de son travail.

Jacques Doucet, créateur de La Belle Epoque

Capture

Jacques Doucet fait partie de ces grands créateurs de la fin du XIXe et du début XXe. Il a côtoyé Charles Frederick Worth, Jeanne Paquin ou encore Paul Poiret pour ne citer qu’eux. L’aventure commence pour Doucet par une chemiserie fondée en 1824 puis un rayon lingerie s’ouvre en 1839 lors de l’installation rue de la Paix (au départ, Boulevard St-Martin) puis en 1883, un rayon de confection pour dame. En 1900, l’époque de gloire de Doucet s’ouvre. La maison est alors sous la direction de Jacques Doucet, et travaille en collaboration avec différentes modistes. La maison prend alors l’ampleur d’une véritable maison de Haute-Couture. Le travail de Doucet est alors facilement reconnaissable par l’utilisation abondante de matière délicate, vaporeuse et de dentelle. Son style touche beaucoup de comédiennes de l’époque dont Réjane.

Robe, vers 1900

Fiche technique

Robe daté 1900, Doucet Conservé au Musée des Arts Décoratifs
Robe daté 1900, Doucet
Conservé au Musée des Arts Décoratifs

Créateur : Jacques Doucet, 21 rue de la Paix, Paris

Robe en deux parties, en mousseline de soie imprimée, Dentelle de Chantilly, ruban de satin, taffetas.

Griffé or sur le ruban de taille « Jacques Doucet

Mensuration : T.Taille 0.44cm

Analyse

Cette robe composée d’un corsage baleiné et d’un jupon de taffetas de couleurs dorés. Son corsage possède trois épaisseurs, la première (la plus près du corps) est en soie dorée et possède 9 baleines dont trois aux dos. Ces baleines sont glissées dans des couloirs eux même fixées sur les coutures ouvertes et fixés en haut et en bas. Le corsage s’ouvre sur le devant à l’aide d’agrafe glissé dans une parementure. Les manches de longueurs trois quarts sont également doublés avec une décoration en bas de manches. Les dentelles est fixé machine en incrustation. Un petit coussinet est fixé sur la baleine milieu dos, utilité inconnue. Le corsage possède une ceinture de taffetas olive est fixé dans le dos.

Détail des manches et de leurs décorations
Détail des manches et de leurs décorations
Détail du corsage
Détail du corsage

La jupe est construite avec plusieurs panneaux (nombre inconnu) et est également en trois textiles (mousseline de soie, tulle fin, et doublure de taffetas doré). Elle possède sur tout le tour de taille des plis plats regardant vers le milieu devant à l’exception de deux plis creux de part et d’autre du dos. Ces plis de 1cm sont reportés également sur la doublure, comme la mousseline et marqués jusqu’aux premiers volants de mousseline et dentelles. Ces trois épaisseurs sont fixées ensemble à la taille par une ceinture haute de 3cm et rabattues sur l’envers au point de côté. L’ouverture est milieu dos sur une longueur de 15cm avec des agrafes métal posés au point de feston. Le bas de la jupe de mousseline est décoré de petits ruchés fixé à la machine sur toute la largueur.

La sous-jupe de taffetas dorés possède des volants d’environs 20cm de haut, comportant des plis permanents décorés d’une ganse et ourlet d’un centimètre.

Conclusion

La qualité des textiles employés montre le goût de Jacques Doucet pour les matières délicates et également le côté historiciste par l’imprimé employé ici d’inspiration XVIIIe aux paniers fleuris. On note aussi la technique de montage de cette pièce qui emprunte aux techniques de lingerie (deuxième rayon ouvert chez Doucet après la chemiserie).

Richement orné de dentelles, sont incrustation reste très délicate et à peu souffert du temps. À l’inverse de la doublure de taffetas doré qui a cuit et commence à disparaître de façon irréversible. En effet, la doublure des manches est fortement entamée aux niveaux des emmanchures.

Photo taille réelle

Robe daté 1900, Doucet Conservé au Musée des Arts Décoratifs
Robe daté 1900, Doucet
Conservé au Musée des Arts Décoratifs

Crédit photographique : Les Arts Décoratifs

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